Cyanogen OS 13.0 veut ouvrir les API Android aux applications tierces


Le Mobile World Congress de Barcelone était l’occasion pour Cyanogen de dévoiler ses ambitions pour la prochaine mouture de son système d’exploitation basé sur Android. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les ambitions en question ne sont pas anodines concernant leur projet principal, nommé MOD. Ce dernier devrait être “une plateforme mobile intégrée qui changera la manière dont les utilisateurs, développeurs, fabricants et opérateurs télécom conçoivent et interagissent avec leurs terminaux mobiles”. Cyanogen parle carrément de rentrer dans “l’ère post-app”.

Cyanogen MOD

Un discours des plus agressifs, qui promet au passage des terminaux basés sur ce système dès le mois prochain. Concrètement, MOD est censé permettre une intégration profonde de services avec les API du système. Le premier et plus important partenaire de ce projet n’est autre que Microsoft, qui voit là une excellente opportunité pour connecter ses applications.

L’assistante virtuelle Cortana et Skype sont les premiers produits destinés à bénéficier de cette intégration, mais les prochains sont déjà connus : OneNote (intégration au téléphone, navigateur, client email et calendrier), TrueCaller (identification des numéros inconnus, gestion du spam téléphonique) ou encore Hyperlaps (vidéo à la première personne).

Pour tenter de convaincre plus de partenaires, Cyanogen annonce au passage MOD Ready, qui derrière de grands discours cache en réalité un simple SDK. Ils promettent aussi de travailler “étroitement” avec les concepteurs de puces mobiles pour booster les possibilités de MOD. Bref, rien n’est fait.

Et pour cause. Derrière ces déclarations tonitruantes se cache une réalité peut-être moins attrayante… Il faut rappeler que Cyanogen est la société créée pour gérer l’avenir et les évolutions de CyanogenMod, une version non officielle d’Android. Si CyanogenMod reste un projet communautaire et gratuit destiné aux utilisateurs avancés, Cyanogen Inc se charge de vendre une variante “pro” du produit (Cyanogen OS) à des fabricants ou opérateurs. Une dualité qui est loin de plaire à la communauté, qui voit son travail exploité à des fins mercantiles qu’elle est loin de cautionner.

Cyanogen déclare vouloir “libérer Android de Google”, mais la réalité c’est que cette société a un besoin urgent de partenaires solides, après s’être mise en difficulté suite à des ruptures de contrats, gérés de manière un peu légère (pour parler poliment) avec des acteurs du marché comme OnePlus. Certains prétendent même que derrière tout ce brouhaha “révolutionnaire” assez commun chez Cyanogen, se cache en vérité une version très peu modifiée d’Android, mais surtout un “Cyanogen App Store” qui serait la véritable finalité de tout ce projet. Et même si l’API se révélait réellement efficace, le faible taux de pénétration de Cyanogen OS sur le marché Android n’en ferait pas pour autant une solution attirante pour la plupart des projets. Vous voilà prévenus, et un développeur averti en vaut bien 100 non ?

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